
Chargé cette année, de la conception de l’identité graphique du festival Scopitone, Ken-Tsai Lee est aujourd’hui un acteur incontournable de la scène graphique Taïwanaise. Dans le cadre de notre partenariat avec le festival d’art numérique et de musique électronique nous avons rencontré ce créatif téméraire qui se joue des frontières.
Par Astrid Fedel
A l’école, Ken-Tsai Lee n’est pas ce qu’on appelle communément un « bon élève » et doit s’orienter rapidement vers une filière professionnelle. Il confie, « A Taïwan, le passage au lycée est extrêmement compétitif. Les étudiants qui n’obtiennent pas de très bons résultats se dirigent plutôt vers des voies techniques et professionnelles ». Amateur de dessin depuis tout petit, il s’oriente naturellement vers les arts et métiers. Une fois au lycée, il délaisse le dessin et se spécialise en design graphique.

Une fois diplômé et après avoir passé plusieurs années à osciller entre l’enseignement en école de design et son travail de créatif en agence, Ken-Tsai Lee prend une décision qui marquera un tournant dans sa carrière de designer graphique. Sans connaître un mot d’anglais, il s’expatrie aux Etats-Unis, direction New York. Alors inconnu de la scène graphique New Yorkaise, son premier projet sera auto-promotionnel. Il imprime une série d’affiches intitulées « My name is Ken-Tsai Lee » qu’il colle dans les rues de la ville. Après quelques démêlées avec les forces de l’ordre locales, il comprend qu’il doit changer de stratégie pour sortir du lot.


« New-York est un lieu très riche en matière de design, il est donc primordial de trouver son propre style pour exister ». Noyé dans cette densité de talents au mètre carré, Ken-Tsai Lee cherche sa singularité dans ses origines. Il s’inspire de la culture traditionnelle chinoise et exploite les différences entre esthétique orientale et occidentale. « Je pense que le background culturel est la meilleure base dans la création de mes œuvres, c’est pourquoi je tente d’utiliser des caractères chinois, des symboles, des formes que je mélange avec le design contemporain ». Au delà de la dimension esthétique des logogrammes il s’intéresse à la forme, à la phonétique et au sens des caractères chinois.
Une démarche qui nait également d’un questionnement permanent sur les ponts existant entre design et art. Il s’interroge « Le design ne peut-il pas être une affirmation de soi ? Les designers graphiques portent attention à l’apparence visuelle, la forme, le style ou encore les couleurs, mais peuvent-ils également avoir une vision spirituelle ? ». Le débat est ouvert.



